Nichoirs pour rapaces, avec le GPV
C’est une opération qui s’est déroulée sur deux ans. Elle concerne la sauvegarde d’un rapace nocturne, la chouette chevêche d’Athéna, et celle d’un rapace diurne, le célèbre faucon pèlerin.
Nichoirs à chouette chevêche
Le GPV a sollicité Tous aux abris pour la protection des chouettes chevêches d’Athéna, dans la Plaine du Faisan, à Carbon-Blanc, faisant partie du Parc des Coteaux 1. Nous y avons animé deux ateliers, l’un en 2024 pour le montage de 3 nichoirs à chouette chevêche, l’autre en 2025 pour leur installation. Comme à chaque fois, l’atelier est l’occasion pour nous de transmettre des informations sur les caractéristiques et la vie de l’espèce pour laquelle on agit.
- Le parc des Coteaux, succession de 12 parcs publics situés sur la rive droite, en surplomb de la Garonne, couvre 500 hectares et 5 communes de la métropole : Floirac, Cenon, Lormont, Bassens et Carbon-Blanc. Depuis 2013, une gouvernance partagée, animée par le GPV Rive Droite, permet la mise en œuvre d’un plan de gestion écologique et des usages sur le parc des Coteaux.

La Plaine du Faisan se prête bien à l’accueil de la chevêche d’Athéna, car c’est une prairie dégagée, ceinturée en demi-cercle de chênes et pins, permettant l’installation des nichoirs en lisière, voire sur des arbres isolés au milieu de la prairie, avec une bonne hauteur et orientation. Nos nichoirs à chevêche sont assez volumineux et lourds. Ils possèdent une chicane anti-martre et une trappe d’accès pour leur nettoyage. Les rapaces nocturnes ne fabriquant pas de nid, le fond du nichoir sera recouvert de sciure, pour amortir les œufs et absorber les fientes des jeunes. Puis chaque nichoir sera suspendu à une branche horizontale, par le biais de cordes solides et de gros bambous.
Grâce au service Patrimoine arboré de Bordeaux Métropole rive droite, et à ses arboristes-grimpeurs, les trois nichoirs ont pu être installés début juillet 2025. Cette installation était un vrai spectacle pour le public, merci à eux car nous n’avons pas ce savoir-faire et aurions eu beaucoup plus de mal avec ces 3X15kg à monter sur nos échelles!
Nichoir à faucon pèlerin
Un couple de faucons pèlerins a récemment mis bas sur la rive droite à Bordeaux-Bastide. Cette information est très encourageante, car le faucon pèlerin a failli disparaître, passant de dizaines de milliers à quelques centaines en France, du fait de l’usage du DDT dans les années 70. Peu à peu, les populations de ces régulateurs de pigeons reviennent, et placer des nichoirs sur les toits d’immeubles en hauteur dans les villes devient pertinent, pour favoriser leur repeuplement.
C’est pourquoi nous remercions le GPV de jouer le jeu avec nous, car cela représente un réel engagement : en effet, fabriquer un nichoir à faucon pèlerin nécessite deux panneaux de bois (nous utilisons du pin maritime local, non traité), soit l’équivalent en matériau de 12 nichoirs à mésanges, ou de 15 nichoirs à chauves-souris!
Là encore, l’opération s’est faite en deux temps. L’atelier de montage avec les habitants, en pied d’immeuble du GPV, à Cenon Beausite, a eu lieu en 2024, accompagnée de sensibilisation et transmission d’informations. Les prouesses du champion du monde de vitesse (380km/h en vol piqué) ont de quoi faire rêver!
Puis l’installation du nichoir a eu lieu en août 2025, avec l’aide de Mathilde Verger, Cheffe de projet du Parc des coteaux, et d’Ilona, pour le GPV, ainsi que de Morgane et Félix, bénévoles à Tous aux abris. Pour passer le nichoir par la trappe menant au toit, nous avons dû le démonter et le recouper, puis le ré-assembler une fois là-haut. Une dernière couche d’huile de lin après montage protègera le bois de l’humidité. Tout le plancher est percé de trous de drainage. Sous le nichoir, une vingtaine de protections de pied de chaises en téflon ont été vissées, pour laisser passer l’eau entre le bois et le sol.
Comme les rapaces nocturnes, le faucon non plus ne fabrique pas de nid. Mais le pèlerin s’accommodant davantage de cailloux que de sciure pour y poser ses œufs (en milieu ouvert : drainage, plutôt qu’absorption en nichoir fermé), nous avons transporté un sac de 35kg de gravier de marbre blanc, ce qui n’était pas suffisant pour couvrir la surface totale, comprenant la terrasse d’envol. Nous devrons y retourner !
Une bâche de réemploi (démarche zéro déchet) protège le toit des intempéries. L’entrée est face à l’est, avec un beau point de vue plongeant sur 180°, ce qui permet au faucon, capable de repérer sa proie à 3km, de surveiller un territoire étendu depuis sa terrasse. Par souci de sécurité, en plus de son lest, le nichoir est fixé par du câble inox de 4 mm de diamètre, en trois points, autour d’un toit d’ascenseur en béton. Il ne manquera plus qu’une brochure promotionnelle diffusée auprès des populations de faucons pèlerins, pour les inciter à venir ! 😉

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